Personnalités

 

Bernard De Bluet d’Arbère (1566-1606)

Bernard Bluet naît dans une famille de pauvres paysans d’Arbères en 1566. Dès l’adolescence, il court l’aventure à travers la Savoie. Il exerce différents métiers et se fait appeler De Bluet d’Arbères.

Il devient bouffon du Duc Charles-Emmanuel de Savoie et interprète ses rêves. Bernard Bluet s’autoproclame « Comte de Permission, chevalier des ligues des treize cantons suisses », et suit le Duc au Piémont, à Alexandrie, à Asti et Turin.

Bluet d  Arbères

 

Fou, ne sachant ni lire ni écrire, il cherche cependant une reconnaissance littéraire. Il dicte ses visions et prophéties et les fait imprimer. En tout, il sera « auteur » de 180 livrets.

A Paris, il cherche les bonnes grâces d’Henri IV. En 1606, lorsque la peste ravage la ville, Bluet d’Arbère jeûne dix jours durant pour implorer la clémence divine. Très affaibli, il meurt dans le cimetière Saint-Etienne, en haut de la montagne de Saint-Geneviève.

 

Jean Etienne Philibert de Prez (1733-1803)

Jean Etienne Philibert est né à Crassy le 18 janvier 1733. Général en chef, décoré de l’ordre de Saint Louis, il était l’époux de Marie Etiennette Sédillot de Saint Genis. Lors de la révolution de 1789, il fut élu député par la noblesse du Pays de Gex aux Etats Généraux où il se fit remarquer pour ses idées républicaines, il fut l’un des premiers à signer le serment du Jeu de Paume.

Jean  Etienne  Philibert de  Prez

Ses paroles sont éloquentes : « L’indignation profonde que m’inspiraient les déprédations de la cour et le despotisme du ministère dirigèrent ma conduite. Je sentis dès lors la nécessité d’une grande réforme dans le gouvernement pour assurer au peuple ses droits et sa liberté. Je fus l’un des cinquante qui se détachèrent de la noblesse pour se rendre dans le sein des députés des communes. Je fus le seul qui osait déclarer avec franchise que je ne voyais l’Assemblée Nationale que dans la réunion de ceux auxquels j’allais me joindre. (…) J’ai donné constamment, pendant toute la session de l’Assemblée Constituante, mon suffrage aux décrets qui assuraient les droits du peuple ».

Cette conduite, pour le moins opposée aux intérêts de la cour, lui valut l’exclusion par le ministère royal de la liste des officiers généraux.

Il protesta contre cette injustice à la barre de l’Assemblée Législative qui l’écouta. Le représentant Aubry prit la parole demandant que la convention lui témoigne sa reconnaissance, décrète sa réintégration et la restitution de ses biens.

Le Général De Prez Crassier poursuivit une carrière militaire mouvementée. En 1794 il se retira dans ses terres à Divonne où il était très aimé. Il n’eut pas de descendance et lorsqu’il mourut le 17 mai 1803 les honneurs militaires lui furent rendus.

Divonne donnera son nom à la rue qui s’étend du carrefour des chemins de Pain Loup et des Etangs, près de la frontière.

 

Jean Debaud (1908-1996)

Peintre né à Divonne en 1908, ami de Marcel Anthonioz, c’est ce dernier qui lui permettra de réaliser, « l’aventure la plus exaltante » de sa vie.

Au lendemain de la guerre, Jean Debaud imagine de transformer en lac un petit étang situé derrière le Château. Son ami l’ingénieur Paul Morel, géologue et hydrologue, partage son idée. En 1946, Jean Debaud fonde la « Société d’étude du lac artificiel de Divonne ».

Jean  Debaud

Le projet s’enlise mais Jean Debaud persiste et, en 1955, lance un autre projet en plein village. Mais il se convainc rapidement que les marais (Petite et Grande Champagne) sont le meilleur endroit pour la baignade.

En 1958, surgit alors l’idée du lac par creusement. L’idée est soumise au Conseil Municipal et à la population. Il joint au dossier une étude géologique et hydrogéologique de Paul Morel, favorable à la région de Divonne. C’est lui qui proposera le bon site pour le lac et se portera garant de sa faisabilité.

Un obstacle de taille persiste cependant : le coût ! Jean Debaud suggère alors de vendre le gravier pour construire l’autoroute Genève-Lausanne. En 1960, les travaux de creusement peuvent débuter. En 1964, le lac est achevé.

Des idées plein la tête

En 1958 déjà, lors de la présentation du projet, Jean Debaud avait pensé à la création d’un hippodrome, qu’il avait imaginé sur une île au milieu du lac, puis sur des terrains en face de la douane. Il s’initia à la voile et visita plusieurs ports afin de s’informer sur les structures pouvant être créées. Une fois les équipements réalisés par la municipalité (port, parking à dériveurs, club house), le Club nautique fut créé.

Jamais à court d’idées Jean Debaud pensait agrandir le lac, en direction de Crassy, afin de doter Divonne d’un plan d’eau compatible avec les grandes compétitions internationales d’aviron.

 

Marcel Anthonioz (1911-1976)

Fils d'un entrepreneur de travaux publics, très tôt orphelin, Marcel Anthonioz est orienté par sa mère vers l'Ecole nationale professionnelle hôtelière de Voiron. Diplômé de cette école, il accomplit un stage de formation en Angleterre, puis fait son service militaire au 506e régiment de chars de Besançon. En 1931, il commence à travailler dans l'hôtel familial de Divonne-les-Bains.

Marcel  Anthonioz

Mobilisé en 1939, il est expulsé du Pays de Gex par les Allemands après l'armistice de 1940. De retour l'année suivante, il entre dans la Résistance en 1942, sous les ordres du colonel Romand et participe à la libération du département comme adjudant FFI et chef d'antenne du 5ème bureau. Il refuse cependant la présidence du comité de libération local.

Après la libération, il sera élu Maire de Divonne en 1945 et le restera jusqu’en 1976. En 1945, il sera également élu conseiller général du canton de Gex puis vice-président du Conseil Général de l’Ain à partir de 1951.

Sur le plan national, Marcel Anthonioz deviendra Secrétaire d'Etat au Tourisme de 1969 à 1972 dans le Gouvernement Chaban-Delmas et vice-président de l'Assemblée Nationale.

Très attaché à Divonne-les-Bains, il réorganisa en profondeur la station et consacra toute son énergie à son développement : création du lac, de l'Hippodrome, du Centre Nautique, des voiries majeures de la commune... permettant ainsi l’amélioration du cadre de vie de ses habitants et le développement du tourisme local. Il décède à Divonne en 1976.

 

Pour en savoir plus sur les personnalités divonnaises, vous pouvez contacter l'association Divonne Hier et Demain et consulter le blog www.racontemoidivonne.com

 

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